polo2001
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| Sujet: Pour faire appliquer la loi anti-grève par les syndicats, le Lun 8 Oct - 17:57 | |
| Des informations que tous les syndicats et militants ouvriers devraient connaître et diffuser octobre 7th, 2007 by http://droitdegreve.wordpress.com/
Pour faire appliquer la loi anti-grève par les syndicats, les “négociations” tentent de se mettre en place. Laborieusement.
Fin septembre une première série de réunions ont eu lieu, patronat-syndicats, sous l’égide du ministère des transports. Soulignons ce cadre : des “négociations” sous l’égide du ministère, pour appliquer sa politique. Il fut un temps où on aurait appelé cela la “corporation nationale du transport” … Le but est bien d’intégrer les syndicats de la base au sommet pour en faire autre chose que des syndicats : voila ce que Sarkozy appelle des “syndicats forts” !
Une remarque importante s’impose. Très peu de personnes sont au courant des ces “négociations”. Il faut recouper ce que tel ou tel camarade a entendu avec des recherches sur Internet pour restituer avec quelque vraisemblance le fil des évènements rapporté ci-dessous. La raison s’impose d’elle-même : ce qui vise à tromper n’aime pas la lumière. Mais ce serait aux fédérations syndicales concernées à tout publier, notamment d’ailleurs à celles d’entre elles qui, on va le voir, semblent ne pas vouloir s’engager plus avant dans cette dangereuse aventure. Cette absence de publicité et de transparence n’aurait-elle pas pour cause le fait que si les travailleurs savent, alors de telles “négociations” sont impossibles ?
Pourquoi ne pas appeler à la grève le 18 octobre en rapportant ce qui a commencé à se passer, pour que cela s’arrête : donc en mettant au centre du regroupement du salariat, à coté de la défense des régimes de retraites par répartition par le retour aux 37,5 annuités pour tous, l’abrogation de la loi anti-grève dans les transports terrestres ?
Donc, le mardi 25 septembre, a eu lieu une première réunion entre les syndicats et la FNTV (Fédération Nationale des Transports de Voyageurs, patronat des cars interurbains et des transports scolaires), première “négociation” donc, dans le cadre de la loi anti-grève et pour l’appliquer, ainsi qu’elle l’indique. Cette “négociation” s’est divisée en deux réunions, l’une sur les transports scolaires, l’autre sur les transports interurbains.
La réunion sur les transports scolaires a tourné court : tous les syndicats sont partis. Gérard Appruzese, secrétaire de la fédération FO des transports, a déclaré : Pourquoi discuter de règles déjà écrites et qui seront de toutes façons appliquées à partir du 1°janvier 2008 ?”
Pourquoi, en effet ? La question pour laquelle tout syndicaliste indépendant est au pied du mur, c’est précisément d’empêcher l’application de ces règles anti-ouvrières et anti-démocratiques.
A la réunion sur les transports interurbains (secteur routier de voyageurs), la fédération CGT des Transports (qui regroupe 6 branches : transport urbain, transport aérien, transport routier avec marchandises, voyageurs, convoyeurs de fonds, ambulanciers, déménagement, logistique, coursiers, grande remise) a fait une déclaration préalable : ” … les déclarations du Président de la République qui viennent se rajouter au vote de la loi dite de service minimum sur laquelle nous allons revenir, sont de véritables déclarations de guerre contre les salariés de ce pays.”
Mais elle poursuit ainsi : “La première réponse est d’être présents partout où les salariés sont visés et donc en premier lieu aujourd’hui, ici même.”
.. tout en affirmant : “Le droit de grève obtenu est un droit fondamental pour chaque salarié. Ce n’est pas négociable.”
Mais dans cette “négociation”, de quoi est-il question, sinon d’appliquer la loi anti-grève ? La fédération CGT des Transports poursuit en expliquant qu’elle espère qu’un accord se dégagera avec le patronat pour parler ensemble de l’amélioration du service public, “même si cela prend le contre-pied” de la loi anti-grève qui fixe le cadre de la dite négociation, indique ce qui doit être signé et annonce par avance que de toute façon cela s’appliquera au 1° janvier. Qui s’agit-il ici de convaincre ?
FO,le syndicat autonome FNCR et la CFDT ont quitté la réunion. La fédération FO a fait savoir que son mandat était “de refuser de participer à une négociation qui aurait pour but de transposer dans ces secteurs une loi rejetée par toutes les organisations syndicales.” En toute logique, cette position claire devrait faire que FO ne participe plus aux dites “négociations”. Mais la CGT est restée est rendez-vous était pris pour le 4 octobre, CGT, CFTC et CGC s’engageant à venir. Les représentants patronaux ont déclaré que ceux qui partaient “ne respectent pas la démocratie”. Ben voyons !
Le jeudi 27 septembre, l’UTP (Union des Transports Publics, patronat des transports urbains des villes de province) se rencontrait sur le même sujet avec les fédérations, sous l’égide du Ministère des transports.
FO est venue pour déclarer qu’elle ne souhaitait pas négocier l’application de la loi, et est partie.
La CGT a lu la même déclaration que deux jours avant, et est partie après FO, déclarant ensuite à l’AFP qu’elle ne veut pas se fermer au “dialogue social”, donc qu’elle va revenir …
La CFDT a expliqué que dans les transports urbains, le patronat est “moins dur” que dans les transports interurbains, et donc que là, elle resterait pour “négocier”.
La CFTC a déclaré qu’elle resterait pour “atténuer ce qu’il y a de coercitif dans la loi” (? ! ).
L’UNSA s’est félicitée d’être là : en effet, le ministère du travail a reconnu la représentativité de l’UNSA dans la branche une semaine avant …
Les patrons de l’UTP ont estimé que tout cela était de bon augure et que dans les 15 jours les choses se concrétiseraient, et qu’eux allaient faire un effort pour la “confidentialité” des déclarations imposées aux futurs grévistes dans la loi 48 heures à l’avance (c’est très rassurant, ça vaut le secret de la confession : le patron sait que vous vous êtes “déclaré” grévistes et il assure la “confidentialité” de la chose !!! ) et a promis une amélioration des moyens attribués aux organisations syndicales.
Remarquable promesse, qui signifie en clair : si vous marchez droit, et surtout si vous nous aidez à faire marcher droit les salariés, on va vous payer ! (Une pensée pour M. Gautier-Sauvagnac …).
Notons d’autre part que cette “négociation” aux termes de la loi porte sur le “dialogue social”, c’est-à-dire surtout sur le préavis du préavis prévu par la loi, qui allonge à 12 jours la durée réelle d’un préavis de grève. En toute rigueur juridique, elle ne devrait pas porter sur la mise en place du soi-disant “service minimum” dont relève la “déclaration” des grévistes 48 heures à l’avance, laquelle devrait être imposée à partir du 1° janvier suite à des pseudo “négociations” entre les autorités organisatrices de transports (conseils régionaux et généraux, non seulement pour la SNCF mais aussi pour les transports par car interurbains et urbains, ces derniers concernant aussi des municipalités et surtout des Communautés d’agglomération). Mais l’on voit que les patrons ne sont pas aussi respectueux des formes et “discutent” de tout quand il s’agit de leurs intérêts.
Sans doute aussi sont-ils inquiets sur l’état d’esprit des représentants syndicaux au niveau local, plus proches ou plus soumis à l’influence de leurs camarades de travail. Aussi cherchent-ils à verrouiller dés le stade de la “négociation de branche” de crainte que localement, ça ne suive pas. On mesure là la profondeur d’une “revendication” exprimée par la confédération CGT au lendemain de la validation de la loi anti-grève par le Conseil constitutionnel, fin août : que les “négociations” aient lieu au niveau des branches transports et pas par entreprises ! La vraie revendication, c’est qu’il n’y a rien ici à négocier !
Suite de ce feuilleton que l’on ne raconte pas aux travailleurs : le jeudi 4 octobre, nouvelle rencontre syndicats-FNTV sur les transports interurbains, faisant suite à celle du 25 septembre. FO comme annoncé ne vient pas, la CFDT et la FNCR boycottent la réunion. CFTC, CGC et CGT sont là. La présence décisive comme caution à la mise en oeuvre de l’application de la loi est bien entendu celle de la CGT, la première centrale ouvrière.
La fédération CGT déclare qu’elle vient dans un esprit “constructif et offensif” pour aller vers une “vraie modernisation de la démocratie sociale dans ce secteur d’activité” et déplore que les Autorités organisatrices de transports ne soient pas tout de suite associées à la “négociation”. Cette position est présentée comme pouvant favoriser la prise en compte des “critères sociaux et environnementaux dans les marchés publics”. Position surprenante en vérité, puisque cela revient à demander de décider tout de suite, avec les patrons et avec les Conseils régionaux et généraux, des modalités d’application de la loi anti-grève. Position qui survient alors que dans une réunion de l’ARF (Association des Régions de France, regroupant les Conseils régionaux, tous à gauche et à présidences PS depuis 2004 sauf la Corse et l’Alsace) les vice-présidents communistes ont déclaré sur le “service minimum” qu’ils “ne souhaitent pas que les Régions soient le fer de lance de cette nouvelle réforme” et que, en somme, l’Etat ne doit pas faire faire le sale boulot par les Régions. Nul doute qu’un refus des exécutifs régionaux qui ont été élus en 2004 non pour appliquer, mais pour s’opposer, à la politique des gouvernements de droite, serait un puissant point d’appui pour bloquer la loi anti-grève et aider les salariés. La proposition faite par la fédération CGT des transports, qu’elle qu’en aient été les intentions, à la réunion du 4 octobre, revient au contraire à exiger l’implication des Régions dans l’application de la loi !
Cependant, les patrons de la FNTV remettent un document. La CGT constate que “celui-ci ne reprend que les dispositifs de la loi visant à encadrer et à réduire le droit de grève, oubliant totalement le principe d’amélioration du dialogue social.” Evidemment ! Quand au “dialogue social”, son sens réel, c’est l’application des lois anti-ouvrières par les syndicats. Il n’y en a pas d’autre. La fédération CGT va jusqu’à feindre la surprise en constatant que “la FNTV [branche du MEDEF] s’aligne sur le gouvernement” !
Au terme de ces palinodies, une chose importante a lieu : la CGT part en déclarant : “La CGT refuse de s’inscrire dans une pseudo “négociation” qui vise à remettre en cause le droit d’expression des salariés que constitue la grève.”
Résumons.
Après quinze jours de début des “négociations” pour appliquer la loi anti-grève, la CGT a rompu les négociations dans les transports interurbains, ainsi que la CFDT et la FNCR, FO ne participe plus à aucune “négociations”, et aucun syndicat de salariés ne participe aux “négociations” dans les transports scolaires. Tout cela se déroule dans une grande discrétion, et permet pourtant de mesurer la pression de la base des syndicats, qui appartiennent aux travailleurs et pas aux gouvernants et aux patrons.
Ils ne nous enlèveront pas nos syndicats comme ça !
Rupture de toutes les pseudo “négociations” !
En octobre, celles-ci devraient démarrer dans le maillon clef : la SNCF.
Aucune négociation à la SNCF : N’y allez pas et tous ensemble dans la grève le 18 octobre, entraînant les salariés des autres branches, pour notre cause commune qui contient la défense du régime de retraite des cheminots :
ABROGATION DE LA LOI ANTI-GREVE DANS LES TRANSPORTS TERRESTRES.
DEFENSE DES REGIMES DE RETRAITE PAR REPARTITION PAR LE RETOUR AUX 37,5 ANNUITES POUR TOUS.
C’est ainsi que, contre la dispersion branches par branches, contre les pseudo “négociations” sur les retraites, sur le marché du travail, sur toutes les contre-réformes de Sarkozy, nous préparerons la contre-attaque de toute la classe des salariés, pour défaire Sarkozy. |
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