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 Que doit-on défendre au congrès

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AuteurMessage
Dupas Roger



Nombre de messages : 1
Date d'inscription : 21/06/2007

MessageSujet: Que doit-on défendre au congrès   Sam 23 Juin - 20:18

QUELLE SOCIETE POUR DEMAIN ?


« Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général.

Toutes les relations de la société et de l’état, tous les systèmes religieux et juridiques, toutes les vues théoriques qui surgissent dans l’histoire ne peuvent être compris que si les conditions de vie matérielles de l’époque correspondante sont comprises et que si les premières sont déduites de ces conditions matérielles.

Ce n’est pas la consciences des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. »(Contribution à la critique de l’économie politique. K.Marx [art. De Das Volk 6 août 1859])

La modification en profondeur de la société française ,européenne et mondiale, ce que habituellement on nomme mondialisation et, ou « révolution néo-conservatrice » recouvre une multitude d’évolutions et modifications, il est important de s’y arrêter .Car si le profit est réalisé par prélèvement de la plus value, il est de plus en plus évident que la classe ouvrière(CO) aujourd’hui s’est transformée tant quantitativement , que qualitativement, ce qui pose le problème de qui sont les producteurs et ou sont-ils ! Quelle organisation, pourquoi faire, et avec qui ?

Ø Dans les pays occidentaux, Europe occidentale, Amérique du nord, Australie, Japon ,si le prolétariat traditionnel tend à se réduire, la classe ouvrière se transforme intégrant en son sein de nouvelles couches de producteurs directement liés à la haute technicité : techniciens, ingénieurs, informaticiens, etc.. et cela en dépit d’une certaine désindustrialisation, ou une transformation de l’industrie. Il convient aussi de noter que c’est dans ces pays développés que les services revêtent une très grande importance et sont générateurs d’emplois salariés très proches de ceux de la CO traditionnelle.

Ø La disparition de l’URSS et le dépeçage de l’Europe de l’est en une multitude d’état « indépendant » ressemble plus à une recomposition néo-coloniale , ou les grands groupes financiers enfin « libérés » se partagent et la production et les producteurs livrés sans résistance à l’exploitation forcenée ,il est bien évident que le taux de plus value réalisée est de ce fait beaucoup plus important et explique les délocalisations massives vers ces régions. Cependant un effet contradictoire s’opère ,dans la mesure ou s’instaure un nouveau marché créé par l’émergence et la satisfaction partielle des besoins nouveaux, délocalisant par la même une partie de la consommation.


Ø Le pillage forcené de l’Afrique et du Moyen –Orient permettant d’acquérir les matières premières à moindre coût est aussi un facteur de déstabilisation générale avec une émigration massive vers les pays occidentaux.

Ø L’émergence de la Chine dans la production mondiale ,son niveau d’industrialisation ,son développement rapide en de nombreux domaines en font aujourd’hui un concurrent, mais aussi un terrain d’investissement du grand capital financier, donc un facteur de réalisation de plus value.

Ø L’inde et l’ensemble du sud est asiatique, avec des compétences importantes en haute technologie entre en concurrence avec les pays occidentaux détenteurs de brevets et licences, freinant ainsi recherche et développement.


Ø La récente émergence des pays latino-américains, et surtout leur orientation anti-libérale complique d’autant plus les choses avec la volonté affirmée de redistribution des richesses produites en direction des populations défavorisées, de même que leur volonté de contrôler la production des matières premières et énergétiques et donc leur indépendance vis à vis des grands groupes financiers, et des institutions financières internationales.

Si la classe ouvrière s’est transformée, l’exploitation capitaliste reste bien réelle, et si le grand capital s’est concentré entre les mains d’un nombre toujours plus petit, sa nature fondamentale n’a pas changé, ses méthodes, ses moyens, eux ont évolués nécessitant une remise en cause générale tant au niveau local, qu’international . La collecte de la plus value s’effectue de plus en plus au cours d’une chaîne ininterrompue qui va de la collecte des matières premières, leur transformation, leur distribution, ce qui implique la mise en œuvre d’acteurs toujours plus nombreux ,mais surtout disséminés sur plusieurs continents. La part « transport et commerce y compris l’énergie et les télécommunications » revêt donc une grande importance et nécessite la « libéralisation » de celle-ci, le rôle de l’OMC et autres organisations mondiales ou régionales se substitue progressivement aux États, chargés de faire appliquer les décisions.

La part de plus value prélevée étant souvent proportionnelle au degré de conscience et d’organisation des couches laborieuses concernées de leurs luttes, les pays en voie de développement, l’Afrique, les ex pays de l’est, sont devenus les terrains de prédilections du Capital mondialisé et de ce fait pèse sur les conditions de vie des travailleurs des pays occidentaux en général, mais qui cependant, restent à un certain niveau, ceux ci étant aussi les principaux consommateurs, et sans doute les mieux organisés( Remise en cause des zones d’acquis sociaux).

Ce schéma classique pose cependant problème, car même si les travailleurs des différentes régions concernées entrent en concurrence, le risque de voir les moins organisés entrer en résistance est grand, l’exemple de l’Amérique latine ,avec à sa tête le VENEZUELA, revendiquant son indépendance économique, la gestion anti-libérale de ses richesses est significatif des possibilités existantes, et nécessite donc, de la part du capital financier mondialisé, la remise en cause généralisée des différentes zones d’acquis sociaux, avec la précarisation de l’emploi, l’insécurité sociale, le recul des services publics, de l’enseignement et même de la recherche : donc nécessite l’intervention autoritaire dans la gestion des affaires, les « États démocratiques bourgeois » devenant , un frein à cette politique du Capital mondialisé.

C’est à cette politique que nous avons à faire face aujourd’hui, l’Europe et sa commission aurait du être l’élément de régulation à la baisse des droits des travailleurs, comme cela s’est produit en Grande Bretagne avec Me Thatcher , et dans nombreux autres pays européens, le traité constitutionnel allait dans ce sens, le NON français ,a limité dans le temps, mais n’a pas arrêté le processus.


L’arrivée au pouvoir de N.Sarkozy , est en ce sens une rupture ,ou d’un coté le capital prend directement en mains les leviers de commande, et s’aligne sur la politique néo-conservatrice des anglo-saxons et de leur chef de file les USA, montrant ainsi les limites de la démocratie bourgeoise et du rôle de l’état, dans ce contexte ,la radicalisation politique devient logique :.Il n’y a plus besoin de « gérants loyaux du capitalisme » l’alternance éventuelle ne peut se concevoir qu’avec un autre visage de la droite « centriste-démocrate » d’ou le rapprochement inévitable d’une partie du PS. Et que celui-ci en tant que Parti « Socialiste » est appelé à disparaître.

Pour asseoir sa domination le capital financier mondialisé (CFM) a affiné la propagation de son idéologie, qui touche tous les aspects de la pensée.

Ø Il a effacé ou modifié la mémoire collective (l’Histoire de la société, son développement, ses luttes,) pour en écrire une autre conforme au capitalisme et qui nie toute autre perspective. Le mode de production est inchangeable, seul le capitalisme est viable.
Ø La réécriture de l’Histoire suppose d’adapter, ou de s’approprier certains faits, ou Hommes que la mémoire collective n’a pas (ou voulu) gommer. Historiens, idéologues, philosophes, sociologues sont mis à contribution, aucun domaine n’est écarté, certains termes ou périodes sont occultés ou « diabolisés ».
Ø La philosophie est canalisée, fondamentalement « Idéaliste » elle écarte toute démarche « Matérialiste » ou scientifique. L’idéologie dominante devient « l’idéologie unique » tout autre idéologie devient subversive : C’est l’extension du modèle US.
Ø L’appropriation quasi totale des moyens d’expression, avec contrôle des médias (Presse et TV) ,mais aussi l’édition en général ,complète le dispositif informatif (Propagande). Cependant le CFM est allé bien au delà avec le contrôle du système éducatif, de son contenu, mais aussi d’enseignants, qui par nécessité, manque de connaissances, ou seulement par inconscience, forment pour des générations, la conscience collective et individuelle des futurs exploités.

L’autocensure consciente ou non, l’écriture sur commande, entrent aussi dans cette stratégie globale, aucun domaine n’est épargné : Histoire sur une longue période, Littérature, Vulgarisation des sciences et techniques, popularisation du scientisme, du surnaturel, du paranormal, des sciences occultes en général, du fanatisme religieux, déterminisme génétique , remise en cause de l’évolution des espèces, de la psychiatrie moderne…Etc. Cet ensemble contribuant à maintenir et entretenir cette idéologie.


Il est bien évident que seule l’ idéologie ne peut suffire à maintenir ce pouvoir, la répression rampante s’installe et se généralise, entre dans les mœurs devient « naturelle ».

Ø Le fichage des enfants dès la maternelle, leur orientation précoce en fonction de critères sociaux familiaux ou culturels.

Ø La loi sur la délinquance et la récidive.


Ø Le développement de la biométrie et le fichage ADN

Ø La judiciarisation de l’action syndicale ou politique.

Ø La répression vis à vis des « sans papier » et autres « sans »

Ø L’internationalisation d’échange de fichiers en particulier avec les USA

Ø L’écoute généralisée des communications et leur traitement par mots clé (réseau Échelon)

Ø Etc. ..


Le tout sous couvert de sécurité, de lutte contre le terrorisme et de la délinquance, conduit progressivement à une société ou les mots , « démocratie, liberté » vidés de leur substance, sont employés en permanence et à contre sens , afin de mieux les restreindre.

Dans ce contexte, l’organisation politique, la superstructure ne peut rester en l’état. Déjà malmenée par les différents traités européens, apparaît comme logique, le glissement vers le régime présidentiel, avec un exécutif resserré et sous contrôle du seul président, l’assemblée élue enregistrant : légalisant les décisions.

Le rôle des partis politiques devient totalement différent en fonction ou non qu’ils s’inscrivent dans cette dérive autoritaire, voir qu’ils l’accompagnent ou qu’ils la combattent. La ligne de partage ne s’établit plus entre « Droite et Gauche » mais entre partisans du libéralisme et ceux qui le rejette, si pour les partis de la droite traditionnelle cela ne pose pas de problème majeur, constituant le pôle libéral, il n’en est pas de même en ce qui concerne le PS traversé de courants social libéral avec un coté humaniste, et d’autres franchement libéral, et enfin un faible courant anti- libéral, mais pas obligatoirement anti-capitaliste. Même si le résultat des élections législatives peut retarder l’échéance, la recomposition d’une force capable de résister à l’ultra libéralisme du CFM , passe par un profond bouleversement au sein du PS et sans doute à sa disparition en tant que « socialiste ».

Le Parti Communiste aura donc à faire face à au moins deux écueils majeurs, l’un étant la tentation social démocrate avec un regroupement, plus ou moins hétéroclite allant de composantes du PS et de mouvements trotskistes , en passant par des refondateurs ou autres « unitaires ». L’autre étant le repliement sur soi qui risque de conduire à une dérive sectaire. Dans les deux cas les forces mises en mouvement ne permettrons pas à mon avis d’inverser la tendance libérale, tout au plus à la freiner momentanément.

La proposition d’ouvrir un débat avec les couches sociales concernées, dans les quartiers et les entreprises offre la possibilité de surmonter ces écueils, en particulier sur la base de l’écoute des besoins et la formulation de propositions cohérentes conduisant à des actions pour bâtir un projet de société fondamentalement anticapitaliste, et suffisamment humaniste pour une adhésion massive.

L’aspect volontariste et militant, suppose que le Parti Communiste s’investisse totalement dans cette démarche, en surmontant tout apriorisme boutiquier, car il est aujourd’hui le seul porteur de l’espérance un véritable changement de société et de ce fait redevienne un grand parti populaire .

L’idée même du communisme symbole du changement radical de société est encore aujourd’hui porteur. Reste à déterminer les formes de l’organisation, les responsabilités de chacun, et les moyens. Le débat peut révéler des surprises, surtout si les communistes sont pleinement investis.







R.D, 19 juin 2007
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