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 Chavez et le syndicats

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Guillaume Degans
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MessageSujet: Chavez et le syndicats   Mar 26 Juin - 9:02

Article plus qu'interessant :

Citation :
Le Venezuela, un enfer syndical? L'Organisation internationale du travail n'y croit pas
Paru le Samedi 23 Juin 2007

BENITO PEREZ
LIBERTES - Attaqué récemment sur ses supposées entraves à la liberté d'expression, le gouvernement d'Hugo Chávez a dû faire face, durant la conférence de l'OIT, à des accusations de violation de la liberté syndicale. L'offensive a fait long feu. Des syndicalistes affirment au contraire que jamais ils n'ont été aussi libres.
L'Organisation internationale du travail (OIT) n'enverra pas de nouvelle mission d'observation au Venezuela. La 96e conférence de l'organisation tripartite s'est achevée le 15 juin à Genève sur un constat d'échec pour les organisations syndicales et patronales opposées au gouvernement d'Hugo Chávez. Depuis la «mission de haut niveau» réalisée en 2006, les accusations d'autoritarisme et de violation de la liberté syndicale ne semblent plus convaincre les membres de la Commission d'application des normes. Il n'empêche que cette nouvelle audition subie par le gouvernement laissera immanquablement planer le soupçon. «Il y a une volonté politique de nous nuire. Jamais le Venezuela n'aurait dû être mis à nouveau sur la sellette», assure mi-figue, mi-raisin le ministre du Travail, José Ramón Rivero. Depuis l'arrivée du leader bolivarien à la présidence, le Venezuela est en effet l'un des plus fidèles abonnés aux interpellations de l'OIT. Le bâtiment de la route des Morillons – qui abrite l'institution tripartite (travailleurs, patrons et gouvernements) – est particulièrement prisé de la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), l'ancienne centrale majoritaire liée au parti social-démocrate Acción Democrática. Année après année, cette farouche opposante accuse le nouveau pouvoir de la marginaliser et d'entraver l'organisation autonome des travailleurs.


Syndicats combatifs

Une accusation «aberrante», selon le ministre José Ramón Rivero, qui fait valoir que le chiffre de 3700 syndicats existants au Venezuela constitue un «record jamais atteint». Ce constat de «bonne santé» du secteur syndical est partagé par Joaquín Osorio. Ce dirigeant de la centrale aujourd'hui majoritaire1, l'Union nationale des travailleurs (UNT), note que ces nouvelles organisations ne peuvent être suspectées de docilité vis-à-vis du pouvoir. «Tous les jours éclate une grève au Venezuela. Dans mon secteur, il n'y a jamais eu autant de mouvements», assure-t-il.
Une agitation que le chef de la délégation des travailleurs à l'OIT met sur le compte d'une confiance accrue des salariés. «On ne craint plus d'être réprimés par la police à la moindre manifestation», selon M. Osorio. Il souligne également que la protection contre les licenciements abusifs, décrétée depuis trois ans par le gouvernement, a facilité le travail syndical dans le secteur privé. Mais surtout, le militant relève un changement progressif du climat social: «Les conquêtes obtenues sous ce gouvernement ont ouvert l'appétit des travailleurs. Elles appellent d'autres conquêtes!»


Elections sous contrôle

L'argumentation ne convainc pas le moins du monde la CTV, qui parle de «favoritisme» du gouvernement à l'égard de l'UNT et même de politique clientéliste visant principalement à affaiblir le secteur autonome des travailleurs. La centrale dénonce en particulier l'invalidation de ses dernières élections internes par le Comité national électoral, seul organisme habilité par la Constitution bolivarienne à mettre sur pied une élection syndicale.
Une intrusion inacceptable dans les affaires des travailleurs, juge la Confédération syndicale internationale (CSI), à laquelle la CTV est affiliée. L'affaire inquiète également l'OIT. L'an dernier, celle-ci avait obtenu du Venezuela la promesse d'une modification de cette norme constitutionnelle.
Du côté de l'UNT, on salue la réforme légale, tout en mettant un bémol aux critiques: «Ce n'est pas pour rien que l'Assemblée constituante de 1999 avait donné ce mandat à l'Etat: les élections syndicales, au Venezuela, ont toujours été entachées de fraudes!» avance Joaquin Osorio. Leader des syndicats d'électriciens, il se rappelle avoir dû défendre les urnes de son secteur – traditionnellement à gauche – les armes à la main. Et de jeter un pavé chez ses concurrents: «Pour valider le scrutin de la CTV, il aurait fallu que réapparaissent les 52% de bulletins jamais décomptés...» Pour M. Osorio, le compromis idéal serait de laisser le libre choix aux syndicats de recourir ou non aux services du Comité électoral. «C'est déjà la pratique actuelle», assure-t-il.


Le Sud exaspéré

Déterminée, malgré tout, à maintenir la pression, la CTV misait sur cette 96e conférence pour répéter ses griefs à l'égard de Caracas. Le syndicat a dû déchanter. En mai, le Comité de liberté syndicale (CLS) – qui regroupe les représentants des travailleurs – refusait d'inscrire le thème à son agenda. Le bloc syndical des pays du Sud, uni autour du processus bolivarien, se montrant de plus en plus exaspéré par la focalisation sur le Venezuela, alors même que la Colombie – bien connue pour ses meurtres de syndicalistes – n'a jamais été inquiétée.
Dans une prise de position commune, le Groupe des Amériques et des Caraïbes (GRULAC) souligne que la plupart des recommandations2 faites ces dernières années par l'OIT figurent dans le projet de nouvelle loi organique sur le travail, qui assouplit notamment les limites fixées au mouvement syndical (nombre de membres nécessaire, disposition anti-étrangers, libéralisation du droit de grève, etc.) Quant à la question de l'ostracisme prétendument subi par la CTV, elle s'est attirée cette réplique cinglante: «Toutes les tendances syndicales ont été invitées à participer à la délégation à l'OIT. Alors qu'avant Hugo Chávez, seuls les bureaucrates de la CTV venaient à Genève...», rappelle le syndicaliste pétrolier, Francisco Garcia.
Contrariés par leur échec au CLS, les syndicats anti-Chávez se sont rabattus – avec le soutien du patronat (lire ci-dessous) – sur la Commission d'application des normes, qui a débattu de vingt-six pays, dont le Venezuela. Sans plus de succès pour la CTV, puisque dans ses conclusions3, l'organe de l'OIT s'est borné à réclamer du gouvernement vénézuélien qu'il accélère l'adoption de sa nouvelle loi sur le travail, actuellement dans le pipeline parlementaire.
Il faut dire que certains arguments avancés par la CTV ont fait sourire bien des fonctionnaires et des syndicalistes présents à Genève. Ainsi son représentant Manuel Cova regrettant que «l'augmentation du salaire minimum (de 20% (!) le 1er mai 2007, ndlr) ait été décrétée sans dialogue social préalable»...
Plus sérieusement, le secrétaire général de la CTV a profité de la tribune pour dénoncer un climat général d'affaiblissement des libertés – symbolisé par le non renouvellement en mai de la concession d'une télévision4 – qui affecterait l'action syndicale.
Une ultime accusation qui a fait bondir M. Garcia: «Jamais la liberté d'expression n'a été aussi grande au Venezuela. Jamais on avait autant et aussi librement parlé de politique qu'aujourd'hui», s'énerve-t-il. M. Osorio confirme: «Je suis dirigeant syndical depuis longtemps, mais j'ai dû attendre ce gouvernement pour que cesse le boycott des médias à mon égard.»
Face à «l'acharnement» dont serait victime le Venezuela, Joaquín Osorio s'emporte: «Aucun pays ne respecte à 100% les libertés syndicales. Aucun pays n'est exempt de fonctionnaires antisyndicaux. Mais dire qu'il y a une politique délibérément antisyndicale du gouvernement est fallacieux!» I
Note : 1Selon les sources, elle disposerait de 1 à 1,5 million de membres contre 500 000 à 1 million pour la CTV.
2 http://www.lrp-cofi.org/esp/documentos/Venezuela.html
3 http://www.ilo.org/public/french/standards/relm/ilc/ilc96/pdf/pr-22-part2.pdf
4 RCTV. Voir notre édition du 8 juin.

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=436861&layout=article,latruite
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