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 Recomposition: "l'exemple" italien

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Nombre de messages : 51
Date d'inscription : 07/08/2007

MessageSujet: Recomposition: "l'exemple" italien   Mar 7 Aoû - 19:44

RECOMPOSITION POLITIQUE A L’ITALIENNE :

Interview au quotidien marxiste allemand « Junge Welt » de Marco Verrugio, membre du Comité Politique National du Parti de la Refondation communiste, représentant du courant « controcorrente ».
Traduction par nos soins PCF Paris 15


“Pire que le premier gouvernement Prodi“
La collaboration de la Rifondazione Comunista avec le centre-gauche a été une énorme erreur.


Interview de Sascha Stanicic, 10 avril 2007

- Comment juges-tu la politique menée par le gouvernement Prodi?
Le Gouvernement Prodi est différent de celui de Berlusconi. Mais c’est difficile de dire lequel est le pire. C’est les deux côtés d’une même médaille. Un gouvernement de centre-gauche est davantage en mesure de contrôler et de tenir les syndicats et les mouvements sociaux. De ce point de vue, le gouvernement de centre-gauche est le plus insidieux.

- Est-ce que cela a été un pas dans le bon sens pour le « Partito della Rifondazione Comunista » (Prc) d’entrer dans le gouvernement?
L’entrée dans l’Unione (l’alliance formée par l’Olivier et par la Gauche) a été une énorme erreur. C’était clair que la réédition du Gouvernement Prodi serait inévitablement pire que la première expérience en 1996-1997. Au lieu de se concentrer sur le “gouvernement ami”, le Prc devrait construire une “opposition amicale” des travailleurs et des travailleuses. Dans les 10 dernières années, quand les travailleurs ont obtenu un succès, quel qu’il soit, ils l’ont obtenu par les luttes, en descendant dans la rue et non à travers les participations ministérielles.

- Comment estimez-vous le comportement de Franco Turigliatto, qui à cause de son abstention au Parlement sur le maintien des troupes italiennes en Afghanistan, qui a notablement contribué à la chute de Prodi, a été exclu du PRC?
Turigliatto a essayé de représenter au Parlement la voix du mouvement contre la guerre. Pour autant, ce qu’il cherche n’est pas vraiment clair. Au Sénat, il a voté pour le budget, puis il s’est rallié aux opposants à la politique étrangère du Gouvernement, mais au moment du vote de confiance, il a approuvé la politique générale du Gouvernement. Il y a quelques jours encore, il a voté de nouvelles libéralisations. Cela me semble être une tactique très confuse. Cependant, son exclusion a été un tribut à Prodi et à la bourgeoisie italienne de la part de la direction du Parti. Au PRC, nous avons voté contre son exclusion. Des résolutions contre l’exclusion ont été soutenues majoritairement dans sept fédérations du parti.

- Quelle influence pouvez-vous, vos camarades et vous-mêmes, encore exercer à l’intérieur du PRC?
A l’intérieur du PRC, nous demandons que s’organisent les luttes sociales contre la politique néo-libérale du gouvernement, contre les coupes budgétaires, les privatisations et la guerre, et que cette position trouve sa traduction au Parlement. Y compris si cela signifie la chute du gouvernement. Si tu manifestes dans la rue contre la base militaire américaine de Vicenza et qu’au Parlement tu votes pour, tu perds ta crédibilité.
Au congrès du Prc nous avions lancé un appel à un front uni de toutes les courants critiques du parti. Avec l’objectif de contrecarrer la mutation du Prc en un parti social-libéral.

- Les Démocrates de Gauche (Ds) envisagent la fondation d’un « Parti démocrate » avec certaines composantes des démocrates-chrétiens. Fausto Bertinotti du PRC veut y répondre par la fondation d’un nouveau parti en commun avec le PdCI (Parti des communistes italiens) et l’aile-gauche du DS. Qu’est-ce que cela signifierait?
Cela pourrait représenter la fin de la Gauche en Italie. Le nouveau parti ne serait pas un parti social-démocrate mais un parti social-libéral. C’est pourquoi nous combattons et proposons une grande alliance anti-capitaliste qui s’inscrive dans l’opposition sociale et la lutte des classes. Une alliance qui puisse devenir un point de repère pour les travailleurs et les mouvements sociaux.

- Quelle est la situation aujourd’hui en Italie du point de vue des luttes sociales et syndicales?
Même si le gouvernement de centre-gauche est en mesure de contrôler les syndicats, il n’est pas en état de mettre fin à la résistance sociale. A la fin de l’année dernière, à Rome s’est déroulée une grande manifestation contre le travail précaire et une grève des enseignants. Après la grande manifestation contre la base militaire US à Vicenza, des luttes dans le service public s’annoncent, jusqu’à la grève générale du secteur public. Mais aujourd’hui la question centrale est celle des retraites. Si Prodi décide de les baisser, la réaction peut être suffisamment forte pour qu’elle échappe à tout contrôle. La privatisation d’Alitalia, de Telecom et d’autres entreprises publiques pourrait y contribuer.
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