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 18 brumaire de louis Bonaparte

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LEMOINE



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MessageSujet: 18 brumaire de louis Bonaparte   Ven 9 Nov - 20:19

L’actualité ironique du texte apparaît dès la préface d’Engels de 1869 où on lit que Marx montre « comment la lutte des classes en France créa des circonstances et une situation telles qu’elle permit à un personnage médiocre et grotesque de faire figure de héros ». Le personnage est-il Sarkozy ou Louis Bonaparte ? Les circonstances sont-elles celles de 1848 ou celles de 2007 ?

Car nous vivons des circonstances étonnamment semblables !
- forces politiques du mouvement populaire affaiblies et divisées
- mutations économiques et symboliques d’ampleur
- crise récurrente de la démocratie et des institutions

Dans sa préface à la réédition de 1885, Engels rappelle l’intérêt théorique de l’ouvrage qui illustre « la loi d’après laquelle toutes les luttes historiques, qu’elles soient menées sur le terrain politique, religieux, philosophique ou dans tout autre domaine idéologique, ne sont, en fait, que l’expression plus ou moins nette des luttes sociales, loi en vertu de laquelle l’existence de ces classes, et par conséquent aussi leurs collisions sont, à leur tour, conditionnées par le degré de développement de leur situation économique, par leur mode de production et leur mode d’échange, qui dérive lui-même du précédent. »

Marx dit que lorsque l’histoire se répète c’est « la première fois comme tragédie, la seconde comme farce ». Avec Sarkozy, nous avons une répétition mais inversée. Il ne s’agit pas de refaire Mai 68 mais de le défaire. Nous avons la rupture et un Grenelle, mais quelle rupture et quel Grenelle ! Nous avons aussi les « conjurations des morts de l’histoire » Jaurès et Guy Moquet !

La répétition, qu’elle veuille faire ou défaire, n’est pas fatalité métaphysique mais manifestation des pesanteurs idéologiques, comme le rappelle Marx : « la tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants ».

« La résurrection des morts », cette fois, ne sert pas à « magnifier les nouvelles luttes » mais à conjurer le spectre des anciennes. La rupture n’a pas « besoin de réminiscences antérieures pour se dissimuler….son propre contenu », ce sont les « réminiscences antérieures » qu’il faut hypostasier pour permettre la rupture !

Tout commence avec « un coup de main réussi contre l’ancienne société ». La révolution de 1848 pour Marx ; la victoire du NON au référendum du 29 mai 2005 pour nous, également « escamotée par le tour de passe-passe d’un tricheur ». Là encore le « coup de main » d’un politicien retors répond au « coup de tête » du peuple. Mais, écrit Marx, « la période intermédiaire ne s’est pas déroulée en vain ». Il ne s’agit donc pas de déplorer mais de comprendre car la société n’est pas « revenue à son point de départ. En réalité, c’est maintenant seulement qu’elle doit se créer son point de départ révolutionnaire, c’est-à-dire la situation, les rapports, les conditions qui, seuls permettent une révolution sociale sérieuse. »

Marx avait-il donc connu la longue agonie du « socialisme réel » quand il écrit qu’alors que les révolutions bourgeoises sont courtes, « les révolutions prolétariennes … interrompent à chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble déjà être accompli pour le recommencer à nouveau, raillent impitoyablement les hésitations, les faiblesses et les misères de leurs premières tentatives, paraissent n’abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et de se redresser à nouveau formidable en face d’elles ». Il nous invite donc à cesser de rêver au grand soir («les effets miraculeux du deuxième dimanche de mai 1852 ») mais à nous placer à l’échelle de l’histoire en commençant par tirer les leçons « des premières tentatives » pour préparer un nouveau saut. Il s’agit d’analyser et non de s'endormir d’illusions car le rêve fait perdre « toute compréhension du présent ». Il ne s’agit pas de protester que « la nation a été surprise » il faut expliquer « comment une nation…a pu être surprise ».
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LEMOINE



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MessageSujet: Re: 18 brumaire de louis Bonaparte   Sam 10 Nov - 18:37

Continuons la lecture du livre de Marx

A l’intérieur de la révolution de 1848, Marx distingue trois périodes : la période de février, la période de constitution de la république, celle de la république constitutionnelle.

Il commence par situer les acteurs de la période de Février : l’opposition dynastique, la bourgeoisie républicaine, la petite bourgeoisie républicaine démocrate, la classe ouvrière social démocrate, qui, ensemble, ont chassé un cinquième acteur, l’aristocratie financière. Marx les appelle des partis et les caractérise par une appartenance de classe et une orientation idéologique. Ces partis se partagent un pouvoir, qu’ils déclarent eux-mêmes provisoire, et qui prend par défaut la forme d’une république que chacun interprète à sa façon.

Nous retrouvons évidemment ce type de situation après le 29 mai 2005 : des partis aux origines et aux orientations divergentes se partagent une victoire dont chacun interprète différemment le contenu. Pour les plus à gauche, c'est sur le mode de l'illusion car ils donnent à leur victoire un sens « en contradiction tout à fait singulière avec tout ce qui pouvait être mis immédiatement en œuvre, dans la situation et les conditions données, avec les matériaux existants et avec le degré de développement atteint par la masse ».

Jamais, dit Marx à propos de la révolution de février, on ne vit un mélange plus varié « d’harmonie plus apparente de la société et d’opposition plus profonde entre ses différents éléments ». C’est la capacité des acteurs à trouver un appui « dans la grande masse de la nation » qui va décider de la suite : « les paysans et les petits bourgeois » pour la société de 1848, les couches moyennes urbaines pour celle du 21ème siècle.

Au cours de la deuxième période de 1848, qui va de la proclamation de la république à l’échec des manifestations populaires, c’est vainement que le prolétariat parisien tente de reprendre l’initiative. (De même a-t-on vu les partisans du non au TCE incapables d’offrir de nouvelles perspectives malgré les mobilisations contre le CNE du printemps 2006.)

Marx note : « L’Assemblée nationale, qui se réunit le 4 mai, issue des suffrages de la nation, représentait la nation ». Il n’y a donc pas chez lui de contestation à priori du suffrage universel et de la démocratie parlementaire. Ce qui ne signifie pas, évidemment, qu’il considère le suffrage universel comme la seule voie vers la république sociale.

Il écrit de cette assemblée « Elle était une protestation vivante contre les prétentions des journées de Février et avait pour mission de ramener à la mesure bourgeoise les résultats de la révolution ». Les événements de Paris ont donc un retentissement en province et les tentatives de bousculer l’ordre social, quand elles sont le fait d’une minorité agissante, provoquent la réaction inverse. « Les communistes révolutionnaires », ceux que Marx appelle « les véritables chefs du parti prolétarien » n’ont pas suffisamment tenu compte du rapport de force politique déterminé par le niveau de développement des forces sociales, lui-même conditionné « par le degré de développement de leur situation économique » .

Le prolétariat parisien était isolé « aux côtés du prolétariat, il n’y avait personne d’autre que lui-même » tandis que la république bourgeoise « avait pour elle l’aristocratie financière, la bourgeoisie industrielle, les classes moyennes, la petite bourgeoisie, l’armée, le lumpenprolétariat organisé en garde mobile, les intellectuels, les prêtes et toute la population rurale ».

Arrêtons nous un instant sur cette énumération où l’on trouve pêle-mêle des groupes sociaux rattachés aux classes fondamentales (la bourgeoisie et l’aristocratie) et des groupes composés comme la population rurale et les intellectuels ainsi que des institutions comme l’armée et l’Eglise. La collision des classes sociales se manifeste donc sur le terrain politique par le truchement d’institutions et de groupes sociaux, de communautés dans lesquelles les individus se reconnaissent. L’énumération de Marx va en décroissant des groupes à forte conscience classe (l’aristocratie, la grande bourgeoise, puis les classes moyennes et la petite bourgeoisie), elle passe à ceux qui sont soudés par un esprit de caste (l’armée) puis de corps (la garde nationale) pour aller jusqu’aux groupes les moins homogènes (les intellectuels puis les prêtes) et arrive à « la population rurale » sans conscience sociale car dispersée, diverse et constituée pour l’essentiel de la paysannerie parcellaire.

Le niveau de conscience politique de chaque groupe social est un élément du rapport de force global. Mal guidé, idéologiquement faible (enivré de perspectives grandioses), le prolétariat n’est qu’une force d’appoint pour les classes les plus organisées qui ont l’initiative. Il s’épuise dans des combats qui ne sont pas les siens : «Dès que l’une des couches sociales placées au-dessus de lui entre en fermentation révolutionnaire, le prolétariat conclut une alliance avec elle et partage ainsi toutes les défaites que subissent les uns après les autres les différents partis. »

Il est donc clair que le prolétariat devrait avoir son propre parti doté d’une idéologie forte. Il lui faut, dit Marx « des grands moyens qui lui sont propres » sinon, affaibli, « il se jette dans des expériences doctrinaires » (celles du socialisme utopique) et « échoue nécessairement ».

Cela est à méditer à l’heure où les communistes envisagent de dissoudre leur propre parti !
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LEMOINE



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MessageSujet: Re: 18 brumaire de louis Bonaparte   Lun 12 Nov - 13:52

Marx pose également la question des institutions et note : « La République n’est, d’une façon générale, que la forme de transformation politique de la société bourgeoise et non sa forme de conservation ».
La bourgeoisie se sert donc de la démocratie pour imposer son hégémonie mais tendra à la limiter dès qu’elle aura stabilisé son pouvoir. Là est le fond de tous les débats constitutionnels et le secret du TCE.

Marx reprend ensuite l’analyse des événements à partir de juin 1848. Cette période est celle de la domination et de la désagrégation de « la fraction bourgeoise républicaine » qui formait l’opposition sous Louis Philippe. C’était une fraction hétérogène, vaguement républicaine, protectionniste, haineusement anticommuniste donc très impopulaire dans le prolétariat et la petite bourgeoisie. Elle était sans base de classe claire («Ce n’était pas une fraction de la bourgeoisie rassemblée par de grands intérêts communs, et séparée des autres par des conditions de production particulière. C’était simplement une coterie de bourgeois, d’écrivains, d’avocats, d’officiers et de fonctionnaires d’esprit républicain »). Et donc elle était faible idéologiquement (soudée par « le nationalisme français »). Ses dirigeants étaient évidemment prêts à tous les compromis, ce qui leur assurait la bienveillance de l’ensemble de la bourgeoisie comme le note Marx : « Ceux-ci possédaient naturellement d’avance la confiance de la bourgeoisie et la majorité à l’assemblée nationale constituante ».

Ce parti est donc proche des partis que nous connaissons actuellement qui rassemblent, autour d’un noyau de dirigeants issus des classes les plus favorisées, des adhérents aux intérêts divers, sur la base d’une idéologie faible mais consensuelle.

C’est l’antithèse d’un parti tel que Marx l’imagine pour le prolétariat.
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LEMOINE



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MessageSujet: Re: 18 brumaire de louis Bonaparte   Lun 12 Nov - 23:29

Un parti sans base sociale et sans idéologie solide comme celui des républicains bourgeois ne dirige pas les événements mais s’y adapte. Alors qu’il s’était fondé pour travailler à une révolte libérale, il fonde une république contre révolutionnaire qui proclame l’état de siège et introduit des limitations au suffrage universel et aux libertés fondamentales proclamés par la République. La comparaison est certainement très contestable dans son principe, mais l’on pense tout de même au PS, venu au pouvoir en 1981 sur un programme de rupture avec le capitalisme, et qui a de fait mis en œuvre une politique ultra libérale ! Cela plaide une fois de plus pour la constitution d’un parti doté d’une idéologie solide et une base de classe claire.

La constitution de 1848 établie par ce parti républicain bourgeois, faible à la fois idéologiquement et socialement, est un régime parlementaire complet mais accompagné d’un exécutif fort dirigé par un président élu au suffrage universel direct mais dont le mandat n’est pas renouvelable. Ce président nomme le premier ministre et les membres du gouvernement et dispose de tous les leviers administratifs et répressifs. Il peut même révoquer les conseils généraux, cantonaux et municipaux élus. Il est élu au suffrage universel direct alors que les membres de l’assemblée législative sont élus localement. Sa légitimité paraît donc plus forte que la sienne. En proclamant l’état de siège à Paris, l’assemblée renforce encore la puissance du président et donne à l’exécutif des pouvoirs exceptionnels. Difficilement révisable, cette constitution crée donc les conditions d’un coup d’état.

Marx analyse ensuite la base de classe et la composition sociale d’un second parti (le parti de l’ordre) et son rôle jusqu’au coup d’état de Bonaparte.

Ce parti regroupe les grands propriétaires fonciers et l’aristocratie financière et leurs appuis « les grands dignitaires de l’armée, de l’Université, de l’Eglise, du barreau, de l’Académie et de la presse ». Il est royaliste mais pour des raisons historiques, il est divisé entre légitimistes et orléanistes. Ces deux branches s’étaient ralliées à la république seulement dans la mesure où elle leur permettait d’exercer le pouvoir en commun en contrôlant le pouvoir exécutif.

Elu président de la république le 10 décembre 1848 grâce aux voix de la province, Bonaparte constitua immédiatement un ministère du parti de l’ordre. Il eut l’habilité de nommer premier ministre un libéral rallié, Odilon Barrot. Son premier acte fut d’organiser une expédition militaire contre la république romaine. Le gouvernement du parti de l’ordre, mené par Odilon Barrot, travailla à discréditer l’assemblée constituante, et fit campagne pour sa dissolution, allant jusqu’à faire occuper la chambre par la garde nationale. L’assemblée législative, élue le 2 mai 1849 tenta de voter les lois organiques destinées à compléter la constitution. Elle ne fut dissoute que par le coup d’état du 2 décembre 1851 alors qu’elle s’apprêtait à légiférer sur les responsabilités du président de la république. Croyant servir ses intérêts contre ceux du parti bourgeois républicain, le parti de l’ordre servit donc les intérêts de Bonaparte. Mais qu’on ne s’y trompe pas Bonaparte est lui-même un représentant des intérêts de la bourgeoisie qui sont portés par des groupes et des individus divers qui peuvent apparaître comme rivaux.
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MessageSujet: Re: 18 brumaire de louis Bonaparte   Mer 14 Nov - 18:01

Marx note que la révolution de 1789 s’était déroulée dans le sens d’une radicalisation (constitutionnels/girondins/jacobins) tandis que celle ce 1848 va à l’inverse dans un sens rétrograde du parti prolétarien, au parti petit-bourgeois, puis républicain bourgeois enfin parti de l’ordre lui-même renversé par Bonaparte.

Ce qu’il importe de comprendre, c’est comment ce mouvement rétrograde s’explique par la lutte des classes. Il faut examiner « de plus près la situation et les partis, cette apparence superficielle qui dissimule la lutte des classes ». Marx commence à partir de là d’importants développements théoriques.

Ce qui, dans le parti de l’ordre, séparait Orléanistes et légitimistes, c’est que les premiers représentaient la haute finance, les seconds la grande propriété foncière. « Ce qui, par conséquent, divisait entre elles les fractions, ce n’étaient pas de prétendus principes, c’étaient leurs conditions matérielles d’existence, deux espèces différentes de propriété, le vieil antagonisme entre la ville et la campagne, la rivalité entre le capital et la propriété foncière. »

Les représentations sont conditionnées par cette base matérielle : « Sur les différentes formes de propriété, sur les conditions d’existence sociale s’élève toute une superstructure d’impressions, d’illusions, de façon de penser et de conceptions philosophiques particulières. La classe tout entière les crée et les forme sur la base de ces conditions matérielles et rapports sociaux correspondants »

L’infrastructure « conditions matérielles et rapports sociaux correspondants » conditionne la superstructure idéologique. Engels dans la préface utilise le verbe « conditionner » et non celui de « déterminer », il considère donc que la relation entre infrastructure et superstructure n’est pas mécanique car elle passe par « la tradition et par l’éducation », dit Marx, et n’est pas perçue par les individus. La représentation idéologique s’ajuste à l’évolution de la base sociale avec retard ainsi la propriété foncière se présentait comme royaliste alors qu’elle « s’était complètement embourgeoisée, par suite du développement de la société moderne ».

A l’hégémonie de chaque classe correspondent des institutions politiques adaptées. Ainsi, la République que les événements avaient imposée ne correspondait pas à la domination des propriétaires fonciers. « Elle en mine en même temps les bases sociales en les opposants aux classes sociales opprimées de la société ».

Enfin, « le rapport qui existe entre les représentants politiques et littéraires d’une classe et la classe qu’ils représentent » est complexe. Ainsi des représentants de la petite-bourgeoise : « Ce qui en fait les représentants de la petite bourgeoisie, c’est que leur cerveau ne peut pas dépasser les limites que le petit bourgeois ne dépasse pas lui-même dans sa vie, et que, par conséquent, ils sont théoriquement poussés aux mêmes problèmes et aux mêmes solutions auxquelles leur intérêt matériel et leur situation sociale poussent pratiquement les petits bourgeois ».

Le lieu principal du politique lui-même s’ajuste à la position de classe des protagonistes : « La force du parti prolétarien était dans la rue, celle de la petite bourgeoisie au sein de l’Assemblée nationale elle-même ». Et la forme de l’action politique doit s’ajuster au théâtre d’action politique. « Si la Montagne voulait vaincre au Parlement, elle ne devait pas appeler aux armes. Si elle appelait aux armes au Parlement, elle ne devait pas se conduire parlementairement dans la rue ».

Chez Marx le champ du politique n’est donc pas celui d’un déterminisme mécanique mais il est marqué par des conditionnements et des ajustements complexes.
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MessageSujet: Re: 18 brumaire de louis Bonaparte   Mer 14 Nov - 22:37

Marx n’aborde pas directement la forme de gouvernement qui conviendrait à une hégémonie du prolétariat, néanmoins certaines de ses analyses permettent d’en esquisser les grandes lignes.

Le système politique français joint un pouvoir politique centralisé et un appareil administratif très développé. Marx le rappelle et conclut : « L’intérêt matériel de la bourgeoisie française est précisément lié de façon intime au maintien de cette machine gouvernementale vaste et compliquée »

En revanche, le pouvoir parlementaire est faible, l’exécutif est fort. Marx y voit également la marque d’un pouvoir bourgeois : « La bourgeoisie française était obligée, par sa situation de classe, d’une part, d’anéantir les conditions d’existence de tout pouvoir parlementaire et, par conséquent aussi, du sien même, et, d’autre part, de donner une force irrésistible au pouvoir exécutif qui lui était hostile ».

On peut en conclure, en négatif, que la forme de pouvoir adapté à l’hégémonie du prolétariat est un pouvoir de type parlementaire décentralisé, c’est-à-dire un pouvoir reposant sur des assemblées locales et régionales élues au suffrage universel, disposant de pouvoirs importants. Le prolétariat a également intérêt à ce que l’appareil administratif lui soit proche et décentralisé.

La gauche communiste devrait méditer cette analyse.
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MessageSujet: Re: 18 brumaire de louis Bonaparte   Jeu 15 Nov - 0:20

En tout cas, merci Le Moine pour ta contribution.
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