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 Lettre ouverte de la section CGT de Thiais.

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Date d'inscription : 01/06/2007

MessageSujet: Lettre ouverte de la section CGT de Thiais.   Lun 10 Déc - 19:38

De : Section CGT Thiais

Date : 07/12/2007 21:28:53


Sections CGT des dépôts de bus RATP de Croix-Nivert, Point-du-Jour, Flandre,
Saint-Maur, Thiais, Charlebourg, Bords de Marne

Lettre ouverte aux directions syndicales de la CGT-Bus, de l'Union CGT-RATP,
de la Fédération des Transports CGT, de la Confédération CGT, vendredi 7
décembre 2007

La CGT doit sortir du piège des négociations !

Nous n'appelons pas à la grève du 12 décembre.

Les agents de la RATP ont fait dix jours de grève sur un objectif clair :
refuser la casse de leur régime de retraite voulue par le gouvernement.
Précisément contre quatre points fondamentaux, tous inacceptables :

- La remise en cause des 37,5 annuités de durée de cotisation
- l'instauration d'une décote
- l'instauration d'un double statut et la remise en cause de la prise
en compte de la pénibilité et des contraintes de service public
- l'indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires.

Cette position est celle qui a été actée par notre syndicat CGT-Bus à son
congrès le 16 octobre. Elle a été réaffirmée par l'Union syndicale CGT-RATP
le 24 octobre lors de sa rencontre avec X.Bertrand. Elle reste plus que
jamais la nôtre.

Suite à l'acceptation par les organisations syndicales de participer aux
négociations, la grève a été suspendue à partir du 23 novembre. Nous
rappelons que la CE de notre syndicat avait rejeté le principe des
négociations « tripartites », entreprise par entreprise.

Le haut niveau de conscience des enjeux, le rapport de forces et la
détermination des salariés à s'opposer à la « réforme » sont demeurés
intacts. Les grévistes dans les assemblées générales, en premier lieu les
militants et les syndiqués CGT, n'ont pas donné de mandat à leurs directions
syndicales pour négocier sous les conditions du gouvernement.

Au bout de quatre journées de négociations un constat s'impose : le
gouvernement et la direction de l'entreprise refusent de modifier le cadre
de leur contre-réforme. Les représentants de la CGT le reconnaissent
eux-mêmes.

Il est aujourd'hui de la responsabilité de la CGT et de toutes ses
organisations de déjouer le piège des « négociations ». C'est pourquoi nous
désapprouvons totalement la stratégie des directions à qui s'adresse cette
lettre.

- Continuer à négocier des points annexes, revient à entériner cette
contre-réforme, à accepter la mise à mort de notre régime spécial.
- Appeler à reprendre la grève, sur une seule journée, le 12 décembre pour
« faire pression » sur les détails et les modalités de la casse de nos
retraites, c'est irresponsable devant les agents. C'est aller complètement
à l'encontre de ce pourquoi nous avons fait grève pendant dix jours. Sur
cette base, nous rejetons le texte du préavis de grève, d'autant plus que la
CE de notre syndicat, organe dirigeant statutaire, n'a même été consultée.

Depuis le départ, les positionnements des directions syndicales de bus, de
l'Union, de la fédération et de la confédération ont suscité du désarroi et
de la colère parmi les syndiqués et les salariés en général, notamment
depuis la proposition de la tenue de « négociations tripartites ».
Comment ne pas voir le calcul de Sarkozy pour diviser le mouvement
entreprise par entreprise ? Depuis quand la négociation est-elle devenue une
revendication en soi ?

Les syndiqués, les agents ont le sentiment d'avoir été trahis.

Il est temps de corriger le tir ! La situation nous l'impose. La CGT,
syndicat largement majoritaire, avec tout ce qu'elle représente dans nos
entreprises, a un rôle majeur, historique à jouer contre une attaque
historique contre nos services publics, contre l'ensemble des acquis
sociaux des salariés de notre pays.

Nous savons tous quel est le but du gouvernement. La fin de notre régime
spécial vise à faire sauter un verrou à la mise en concurrence et à la
privatisation, à lever un obstacle à la suite du démantèlement de l'ensemble
du système de retraite solidaire par répartition.

Le 18 octobre, les agents de la RATP à 70%, ceux de la SNCF à 80%, ceux
d'EDF-GDF à 60% ont fait grève pour s'y opposer. Le 20 novembre, la
manifestation interprofessionnelle a montré le développement des
convergences de lutte avec des salariés d'autres secteurs comme avec les
étudiants. Malgré une pression médiatique sans précédent, le pouvoir n'a pas
réussi non plus à retourner l'opinion publique contre le mouvement.

Nous demandons aux directions à laquelle s'adresse cette lettre :
- de quitter les pseudo négociations
- d'examiner les conditions de la reprise du mouvement pour faire capoter
le projet de casse de notre régime de retraite.
- de faire le lien déterminant entre cette lutte cruciale et celles des
salariés des autres secteurs.

Nous nous engageons pour notre part à informer les syndiqués de notre
démarche, à informer l'ensemble des salariés de nos dépôts de l'évolution de
la lutte, à maintenir et développer le rapport de forces. La CGT appartient
à ses adhérents !
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