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 "AGE" du PCF: Premières analyses du PCF 15è

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Date d'inscription : 07/08/2007

MessageSujet: "AGE" du PCF: Premières analyses du PCF 15è   Mar 11 Déc - 7:42

Assemblée nationale « extraordinaire » du PCF, La Défense, les 8 et 9 décembre 2007



Premières analyses par la délégation de la section du PCF Paris 15 :



La direction n’est pas arrivée à étouffer ce qui s’est exprimé massivement dans le Parti, dans les assemblée : le refus de la disparition du PCF.



Mais elle s’est donnée tous les moyens pour le minimiser à cette assemblée dont l’organisation a été imaginée à cet effet.



Le débat général a duré moins de trois heures samedi. Sur 350 camarades inscrits pour parler, le plus souvent mandatés par leur section, seuls 44 ont eu le droit à la parole suivant une sélection à la discrétion de la tribune. Sur ces 44, une vingtaine de membres du CN…

Des débats de diversions, même s’ils pouvaient porter sur des sujets certes importants, ont occupé les camarades en soirée. L’organisation en « ruches », c'est-à-dire en petits comités, traduit une conception bien connue de la démocratie : « cause toujours ».

Malgré cela, la volonté très largement majoritaire dans le Parti de préserver l’outil politique que représente le PCF s’est exprimée nettement dans le débat général comme dans les mini-discussions.

La direction avait édulcoré son projet de texte par rapport à l’analyse et l’ordre du jour initialement fixés au CN de juin par MG. Buffet puis à celui d’octobre. Plus question dans le texte de déclin « inéluctable », de boulet de « l’histoire du communisme », d’option visant à se débarrasser du nom PCF, à faire « émerger un nouveau parti ». Plus question de mettre à l’ordre du jour explicitement le « dépassement du Parti communiste voire de la forme parti ».

Donc au résultat un texte vague, sans relief apparent.

Ce « mandat » est resté opposé aux nécessités que nous avions pointées dans assemblée de section : - faire le bilan de la stratégie de la direction dans la dernière période et depuis le début de la Mutation, - engager la rupture avec cette stratégie, après notamment le 1,9% de Buffet candidate antilibérale, motif de la convocation de l’assemblée...

La direction a visiblement cherché à anesthésier les communistes après cet échec flagrant pour continuer dans la mauvaise voie.

Son objectif de liquidation n’a pas changé. C’est apparu de façon manifeste à l’assemblée au moins à deux occasions.

Porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles est convaincu de la nécessité de la disparition. Il l’a dit au Monde. C’est lui qui a fait le rapport d’introduction. Sourd comme quelqu’un qui ne veut pas entendre, il a consciencieusement rabaissé l’expression des communistes à celui d’un attachement, sentimental, au PCF. Il est revenu lourdement sur le « poids de l’histoire », a esquivé tout autocritique… pour aboutir à la nécessité de ces « expérimentations nouvelles » qui ne sont autres que la poursuite de l’effacement du Parti et du reniements de ses positions.

Après avoir laissé passer l’orage, la direction n’a pas pu s’empêcher de repartir à la charge dimanche. Pourtant dans la nuit de samedi à dimanche lors de la réunion, à laquelle l’un d’entre nous participait, censée intégrer les résultats des premières discussions, le besoin de marquer dans le texte la nécessité de l’existence du parti avait été soulignée par une majorité des « délégués des ruches ».

Représentant la commission du mandat, l’autre porte-parole Patrice Bessac rapportait dimanche matin. Il a sorti de sa capuche une nouvelle formule toute différente de qui avait été décidée par la réunion de la nuit, suscitant un beau tollé chez les délégués.

De nouveau, la direction a tenté de se faire octroyer dans le texte un blanc-seing pour poursuivre ses «expérimentations », dans la suite, comme nous l’avons dénoncé, des « collectifs anti-libéraux », de la destruction des cellules du Parti, de la « gauche plurielle »…

Bessac a précisément tenté de réintroduire la phrase éliminée la veille : « Il ne s’agir d’exclure aucune hypothèse concernant le Parti ou sa stratégie…. Il s’agit de permettre le réflexion et l’expérimentation sur la façon dont ces rassemblements peuvent s’élargir, s’approfondir et construire ainsi durablement … ». Les délégués ont bien compris qu’il s’agissait de continuer à aller vers une nouvelle organisation politique, coalition ou recomposition à l’allemande ou l’italienne. Buffet a dû finalement désavouer Bessac en faisant voter la suppression de la deuxième partie de la phrase.

On est donc revenu, dans le brouhaha et la confusion, au texte passe-partout qui laisse « ouvert tous les possibles », surtout ce que les communistes ne veulent pas et ce dont le monde du travail et le pays n’ont pas besoin. Dans le plus grand désordre, le texte a été officiellement adopté à 72% contre 18 et 10 d’abstention.

L’inconsistance du texte, la volonté de montrer une unité ont certainement motivé beaucoup.

Pour notre part, nous avons voté contre parce que l’unité des communistes, le regain de confiance des communistes et d’efficacité de leur organisation dans les luttes ne pourront pas se faire sur ces bases et avec ce mandat à cette direction.

Plusieurs intervenants ont souligné ce problème majeur: le maintien en place d’ici le congrès de 2008, de la même direction ! Des mêmes qui sont responsables de l’échec, qui ne veulent pas l’assumer devant les communistes et dont certains des principaux d’entre eux proclament qu’ils veulent continuer dans la même voie meurtrière, envers et contre les communistes. Des mêmes qui sont incapables et/ou ne veulent pas animer la riposte, en toute indépendance du PS, sur des positions fermes de lutte à la politique de Sarkozy.

Pour autant, cette assemblée « extraordinaire » n’a pas servi à rien.

A plusieurs dizaines de milliers, les communistes ont fait la démonstration depuis plusieurs mois qu’ils refusent la perspective de disparition de leur parti et qu’ils ont pris conscience de la stratégie qui y conduit. L’appel « Pas d’avenir sans PCF » dont notre section a fait partie des initiateurs, y a contribué.

Des dizaines d’organisations du Parti, dont la nôtre, ont aussi pris conscience de la nécessité de faire vivre le PCF, outil historique irremplaçable au service des travailleurs dans la lutte des classes : avec, sans ou contre sa direction.

Anthony CREZEGUT, Emmanuel DANG TRAN
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